Un western gothique mitonné par deux jeunes français !? Il n'en fallait pas plus pour piquer ma curiosité au vif, et foncer voir mon
dealer préféré. Ca valait le coup...
Western Gothique... Mention improbable et ridicule, à première vue. Et pourtant, sur les 46 planches que compte cette BD, on a pas envie de rire une seule fois, tant le concept semble couler
de source. Pour l'histoire, c'est carré: Billy Wild est un cowboy aussi fine gachette que mystérieux. Bien mal en point après son énième règlement de compte, il se trouve à court "d'élixir",
un breuvage miraculeux, fournis par Linus. Mais ce dernier, vendeur ambulant de potions miracles, a disparu. Au cours de ses recherches, il prend peu à peu conscience de l'étrange et malsaine
relation qui le lie à Linus. Un récit haletant et passionnant, qui laisse augurer une suite béton.
Visuellement c'est la claque: du noir et blanc comme on en a plus vu depuis les SIN CITY de Miller, mais avec un trait filandreux, maladif et précis. Le peu de dialogues et de texte laisse la part
belle à des planches somptueuses, et à une galerie de personnages sculptés dans des troncs d'arbres tordus. Du jamais vu.
Camion Blanc,
l'éditeur de ce volume, y est sans doutes allé bien vite en permettant à A. GIBBS de publier cet ouvrage pompeusement estampillé "Histoire définitive du punk".
Non pas que les références et anecdotes soient périmées: GIBBS à été tour à tour bassistes des UK SUBS puis de IGGY POP. C'est dire si il en a vu... Non ce qui dérange à la lecture de ce bouquin,
c'est le style, oscillant entre autobiographie et chronique du mouvement, qui finit par lasser, sinon décrédibiliser l'ensemble. D'autant plus que les livres sur le punk auront été
foisonnant cette année, et que à bien y regarder, chacun y va de sa petite interprétation de la période, les mythes fondateurs restant sensiblement les mêmes pour tous.
Alors comment donner envie de lire DESTROY! Peut-être simplement en disant que derrière son côté "moi j'y était à fond et pas vous", on y apprend tout de même une foultitude de détails pas
forcémment fondamentaux, mais pour le moins cocasses et intéressants. Notons aussi la présence de courtes biographies de nombreux groupes, qui peut faire office d'introduction au monde
merveilleux du punk. Et puis enfin (je ne bouderais pas mon plaisir), c'est l'une des rare anthologie à pousser jusqu'à la période punk-hardcore, et à ne pas s'arreter à la mort de Vicious... De
là à dire "Histoire définitive", faut pas non plus pousser.
On prend les mêmes et on recommence... Non content d'avoir épaté la galerie avec l'excellentFUCK YOU HEROES, G. FRIEDMAN décide de ne pas glander tout l'été, et de nous offrir les tofs
qu'il avait éludé pour son premier opus.
Et bien ça aurait été dommage de se priver de ça. Et on en remet une louche de photo à la gloire des acteurs trash de la culture skate californienne. Et une bonne avec
ça: un concentré de ce qui s'est fait de mieux en punk, rap, skate et style depuis 1976. Seul hic, le format un peu plus petit que son prédecesseur, qui en plus de perdre un peu en classe fait un
peu con sur mon étagère. On peut pas tout avoir... A prendre quand même.
Blabla ...