Une BD qu'on m'a longtemps conseillé. Sans trop savoir pourquoi, j'était
pas plus attiré que ça... En fait je passais à côté d'une oeuvre magistrale...Adapté du roman éponyme de Guillaume Guéraud, Je ne
mourrai pas gibier se laisse lire d'une traite. L'histoire (il n'y a pas d'intrigue à proprement parler) est sèche, raide, à l'image des personnages qu'elle met en place.
A Mortagne, village banal du Médoc, on a un dicton: "je suis né chasseur, je ne mourrai pas gibier". A Mortagne, on naît du côté de la vigne, ou du côté de la scierie. A Mortagne, on voit ses
parents mourir d'épuisement ou d'un cancer. Alors chacun applique a soit la sentence du village, et entretient un climat bête et violent. Martial lui, n'a pas envie de choisir entre la vigne et la
scierie. Il n'a pas envie de choisir un camp. Martial n'aime pas la chasse. Mais attérré par le comportement des autres, il va perdre le contrôle lors du mariage de son frère...
Sans faux sentiments, ce récit froid, logique et implacable ne cherche pas d'explications. Il met en scène, simplement. Et c'est la toute sa force...
En période estivale, je suis pas du genre à me fader toutes les news sur les dernières
parutions. Alors je chope au hazard, sans trop savoir pourquoi. Et la j'avoue que la couv' y est pour beaucoup...
Avec son joli rose fluo et noir, on pourrait croire à une histoire bien nulle pour les emo. En fait on a affaire là à un polar d'excellente facture, bien ficelé, et très dynamique. Il faut
ajouter à cela une petite dose de science-fi, et le charme opère.
Pour l'histoire, c'est très simple: Mia est une ado avec tout ce que cela implique. Elle ne fout rien de ses journée avec sa copine, elle s'intéresse aux mecs, et elle déteste sa belle-mère
autant qu'elle adore son père. Lors de l'absence de ceux-ci pour un week-end, elle décide par jeu de s'immiscer dans la vie privée de Suzanne, la remplacante de sa mère. Elle découvre alors
un passé noir, et réveille la colère de Daniel, un tueur psychopathe, dont les instincts sont guidés par un poisson hallucinant qui habite sa tête.
Si les dialogues peuvent parfois sembler un peu faiblards, on se laisse tout de même facilement prendre par l'histoire. Un bon moment de lecture en somme...
"Bing dans ta gueule !" Ca pourrait bien être le titre alternatif du volume de Paul POPE, tant la
claque est grande...
Je pensait pas trouver plus noir que Miller au rayon BD, et pourtant ce 100% se pose là en tant qu' oeuvre angoissante. 6 histoires, six destins plus pourris les uns que les autres, dans un New-York 2038 tentaculaire, sans fin et déprimant... Des histoires courtes, sans autre intérêt
que de montrer la lutte quotidienne de ceux qui refusent de laisser sombrer l'humanité.
Un western gothique mitonné par deux jeunes français !? Il n'en fallait pas plus pour piquer ma curiosité au vif, et foncer voir mon
dealer préféré. Ca valait le coup...
Western Gothique... Mention improbable et ridicule, à première vue. Et pourtant, sur les 46 planches que compte cette BD, on a pas envie de rire une seule fois, tant le concept semble couler
de source. Pour l'histoire, c'est carré: Billy Wild est un cowboy aussi fine gachette que mystérieux. Bien mal en point après son énième règlement de compte, il se trouve à court "d'élixir",
un breuvage miraculeux, fournis par Linus. Mais ce dernier, vendeur ambulant de potions miracles, a disparu. Au cours de ses recherches, il prend peu à peu conscience de l'étrange et malsaine
relation qui le lie à Linus. Un récit haletant et passionnant, qui laisse augurer une suite béton.
Visuellement c'est la claque: du noir et blanc comme on en a plus vu depuis les SIN CITY de Miller, mais avec un trait filandreux, maladif et précis. Le peu de dialogues et de texte laisse la part
belle à des planches somptueuses, et à une galerie de personnages sculptés dans des troncs d'arbres tordus. Du jamais vu.
Ex-magicien, auteur dessinateur punk torturé, R. DIRGE donne naissance dans l'urgence à Lenore, un soir de cuite. S'en suivront 8
épisodes de la mignonne petite fille morte, parfois drôle, parfois chiants, mais toujours servi par un étrange dessin en nuances de gris.
R. DIRGE a probablement mis toute sa culture graphique dans cette oeuvre, qui tend souvent vers le tatouage et le comic-strip, avec en toile de fond un univers faussement gothique, qui rappelera
inmanquablement Tim BURTON. On découvre donc pèle-mèle dans ce Noogies, un défilé de personnages tous plus déjantés les uns que les autres: un cannibale sans bras ni jambes, une boule de cheveux
vivante, ou encore une souris mal-voyante.
On a donc a faire à une oeuvre atypique et souvent drôle, à lire avec plaisir, d'autant que l'édition est soignée (belle profondeur des noirs et papier de qualité) pour un comics.
En clair, un investissement pas forcément utile, mais vraiment affectif.
Blabla ...